Guillaume Couffignal

Guillaume Couffignal

Chemins de silence

5 avril - 14 juin 2026

« Sculpter, c’est ôter la chair jusqu’à sentir sous ses doigts le squelette, la substance originelle de toute chose. »




Conversation avec Guillaume Couffignal par Antoine Hyvernaud
Extrait du catalogue de l’exposition "Chemins de silence" - Éditions Espace Paul Rebeyrolle, 2026

AH_   Que souhaites-tu que le spectateur emporte avec lui en quittant cette exposition ?

GC_    En essayant de ne pas être trop prétentieux, je voudrais qu’il emporte un moment d’émotion, un moment de silence, une petite part de sensibilité avec les choses qui sont autour de lui qui sont là, car tout est là. Une petite part de sacré qui vit en chacun de soi qu’on a besoin de respecter, de préserver. Que ce soit chez soi, et donc a fortiori chez les autres. Pour beaucoup, c’est un gros mot le sacré par son sens religieux. Chez moi, il n’y a pas cette connotation ni d’énormité du mot. Mais ça n’empêche pas que j’adore rentrer dans les lieux sacrés, que j’aime beaucoup le sacré des autres. Mon sacré, c’est un paysage qui cherche à entrer en moi, c’est un texte, ce sont les mots d’une ou d’un autre, voilà c’est ça mon sacré.

CATALOGUE DE L'EXPOSITION
DISPONIBLE À L'ESPACE BOUTIQUE

Jubé (2025) Bronze 54 x 25 x 10 cm. Photo J-L. Losi

Des traces du futur
par Jean-Jacques Mandel (extrait)

[…]

De la récupération à la solution plastique, là réside le génie du créateur. Comme cette pirogue modèle de sa première série d’objets, répondant efficacement à l’utilisation de longs bouts de bois et de vannerie façonnant ces vaisseaux fantômes, « pateras » de migrants et autres pinasses de course. Des embarcations longues et acérées comme des flèches, conçues pour naviguer droit au but qui font pendant à ses théâtres ronds comme des cibles, héliports montés sur les échasses de barges semi-submersibles. Pour comprendre ces théâtres, avatars des palais des rives du Bosphore, savants assemblages de coiffes en vannerie, bois, fers à béton et fruits tropicaux séchés, il faut revenir sur l’architecture féodale des Gurunsi. Un habitat dispersé fait de villages fortifiés semblables à des châteaux médiévaux dont certains sont plusieurs fois centenaires. Au cœur de ces fortifications se nichent, à l’ombre des cours de banco lissé, des décors peints de motifs géométriques rehaussés de charbon de bois et de kaolin chaque année après la saison des pluies pour célébrer les traces d’antiques palimpsestes. Comme les marques végétales qui tatouent le bronze brut de décoffrage des sculptures de Guillaume Couffignal.

Théâtre (2025) Bronze 38 x 22 x 36 cm. Photo J-L. Losi

Floating Boat (2025) Bronze 89 x 37 x 21 cm. Photo J-L. Losi

Théâtre (2025) Bronze 38 x 22 x 36 cm. Photo J-L. Losi

Floating Boat (2025) Bronze 89 x 37 x 21 cm. Photo J-L. Losi

Brooklyn, 13 Janvier 2026 (extrait)
par Randall Morris, traduit par Isabelle Besse

[…]

Je suis toujours surpris, face à son art, de la facilité avec laquelle je suis transporté dans un lieu où passé, présent et futur se fondent visuellement avec une telle fluidité. Il existe une conversation alchimique fondamentale où le feu, l’air, la terre et l’eau pulvérisent et absorbent l’âme de ce que l’artiste transforme en métal, ce puissant bronze découvert au Burkina Faso dans sa jeunesse, en un récit d’images surréalistes aux multiples facettes.

Bas-relief paysage (2025) Bronze 173 x 74 cm. Photo J-L. Losi